Grandes découvertes

Moissan et son four électrique à la faculté des Sciences de Paris
Moissan et son four électrique à la faculté des Sciences de Paris

L’esprit d’indépendance scientifique d’Henri Moissan le pousse vers la chimie minérale. Il engage des études sur les fluorures de métalloïdes. Les fluorures de phosphore, d’arsenic et de silicium sont les sujets de ses premières recherches. Le 26 juin 1886, il pratique l’électrolyse de l’acide fluorhydrique dans un appareil en platine d’une grande simplicité et isole le fluor. 

Tout en continuant d’enrichir la chimie du fluor par de nombreuses expériences, Moissan s’intéresse à la synthèse du diamant. Afin d’obtenir les très hautes températures nécessaires à la transformation du carbone en diamant, il conçoit un four électrique qui lui permet d’atteindre 3000-3500°C, températures exceptionnelles pour l’époque. La synthèse artificielle du diamant ne sera concrétisée que cinquante ans plus tard, mais Moissan a ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire de la chimie, celle des hautes températures. 

La liste de ses découvertes est longue : la cristallisation d’oxydes métalliques réputés infusibles, la préparation de certains métaux réfractaires à l’état pur et en grande quantité, celle de nombreux carbures métalliques dont le carbure de calcium qui sera à l’origine de l’industrie de l’acétylène, l’élaboration de nitrures, borures, siliciures, distillation de métaux et d’oxydes réfractaires. Ce foisonnement de découvertes émerveille ses contemporains.